Il y a un dicton à Trinité-et-Tobago : « Les cafards devraient rester à l’écart du commerce de la volaille. » Il capture une dure vérité. Les petits États qui s’aventurent dans des conflits entre grandes puissances en sortent rarement indemnes. Ce ne sont pas des joueurs ; ce sont des consommables.
C’est une déclaration qui reflète la réalité de la situation difficile à laquelle se trouve Trinité-et-Tobago aujourd’hui.
Pour les petits États, la géopolitique n’est pas un théâtre de bravade mais une discipline de diplomatie, de retenue et de survie. Cette discipline s’est désormais effondrée. Trinité-et-Tobago paiera le prix de la vente aux enchères de sa souveraineté à son maître néocolonial, les États-Unis. La nation est désormais dangereusement exposée, économiquement, diplomatiquement et potentiellement militairement, après l’attaque américaine contre le Venezuela et l’enlèvement extraordinaire de son président, Nicolas Maduro.
Avec Delcy Rodríguez désormais installé à la tête du Venezuela et Diosdado Cabello toujours en place, le régime de Maduro reste largement intact. Trinité-et-Tobago fait désormais face à un voisin ouvertement hostile dont les hauts dirigeants ont dénoncé la première ministre de l’État double insulaire, Kamla Persad-Bissessar, comme complice de l’agression américaine et l’ont désignée persona non grata. Ce n'est pas un malheur. C’est le prix d’une erreur de jugement stratégique.
Cette crise n'est pas arrivée du jour au lendemain. Par des excès rhétoriques, Persad-Bissessar n’a cessé de réduire la marge de manœuvre de notre pays. Ce qui se déroule aujourd’hui est le résultat prévisible de décennies d’improvisation amateur déguisée en gouvernance. Les administrations successives n’ont pas réussi à articuler une politique étrangère cohérente pour ce qui était autrefois le pays le plus riche des Caraïbes.
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